PROLÉGOMÈNES À UNE RECHERCHE: SCÉNARIOS SYMBOLIQUES, MYTHOLOGIE ET MANIPULATION DANS LES „MINÉRIADES” EN ROUMANIE

 

 

 

PROLÉGOMÈNES À UNE RECHERCHE: SCÉNARIOS SYMBOLIQUES, MYTHOLOGIE ET MANIPULATION DANS LES "MINÉRIADES" EN ROUMANIE

 

                                        

Dr. Ionut-Constantin ISAC, maître de recherche

Institut d'Histoire "G. Barit" Cluj-Napoca, Département de philosophie

ROUMANIE

isac.ionut@cluj.astral.ro

 

 

RÉSUMÉ. Toute démarche, qu'elle soit théorique ou empirique, sur l'élucidation des phénomènes sociaux étonnants connus sous le nom de "minériades", qui se sont passés en Roumanie entre 1990-1999 ne saurait éviter de se poser quelques questions ardues concernant leurs enjeux, leurs acteurs aussi que leurs buts réels. Or on se heurte ici de la complexité du tissu constitué de la multitude des scénarios symboliques avec leur mythologie sous-jacente plutôt obscure et parfois inquiétante, et des manipulations en cascadesdont les artisans s'accusent les uns les autres aujourd'hui encore, selon les images et les messages véhiculés successivement par les mineurs, le média et le pouvoir de l'état, mais souvent démenties par la réalité elle-même.

De plus, après tant années d'attente et quasi-silence des autorités roumaines, des événements récents, en lien étroit avec lesdites "minériades", rendent plausible l'idée qu'on se trouve encore loin de la vérité sur cette affaire. L'analyse sur le plan mythologique, compte tenu des symboles imbriqués au niveau de la masse des mineurs aussi que de l'attente dans l'inconscient collectif de la population roumaine - en particulier celle de Bucarest, mais aussi celle des autres régions  transitées par les ouvriers -, est un moyen crucial pour la compréhension de ce qui s'est passé dans ces moments dramatiques, par la découverte des significations apparemment cachées dans le déroulement "prosaïque" de tels mouvements prolétaires insolites, comme les "minériades roumaines". C'est un exercice dont l'éventuel succès  ouvrirait, semble-t-il, la voie vers les mystères du plus grand évènement de l'histoire post-communiste de notre pays: la révolution de 1989.

 

 

 

Les "minèriades", avec leur cortège de conséquences, demeurent parmi les événements les plus controversées de l'histoire post-communiste de la Roumanie. Bien qu'elles aient eu lieu antre les années 1990-1999, on est encore loin d'avoir découvert leurs vrais enjeux et leurs buts véritables; on peut, au moins, avancer l'hypothèse qu'il s'agissait à l'époque de tentatives, plus ou moins cachées de déstabilisation du pouvoir de l'état. Mais, qui en aurait tiré le profit le cas échéant et quel aurait dû être le changement dans la vie politique et sociale de la nation roumaine? Faire basculer, peut-être, la frêle démocratie vers un régime autoritaire, comme celui des années du communisme?

Les déclarations récentes (fin de l'année 2004 et début 2005), faites par l'ex-leader des mineurs, Miron Cozma, qui vient d'incriminer le pouvoir gouvernemental sous les mandats de l'ancien président Iliescu, suivies des contre-attaques de celui-ci, qui met la faute sur des "manipulateurs" et invoque des "manipulations ordinaires" dans le sujet en discussion, montrent qu'on n'en a pas fini avec les implications et les conséquences des "minériades" et que l'opinion publique roumaine et internationale pourrait encore se trouver devant des renversements spectaculaires de la situation concernant les acteurs et les "scénarios" de ces phénomènes sociaux insolites.

Nous ne nous préocupperons pas dans l'article présent des aspects politiques, juridiques et économiques du problème - bien qu'ils revêtent sans doute une exceptionnelle importance pour son appréciation tant dans son ensemble que dans ses détails. Nous nous bornerons à avancer quelques considérations concernant le plan symbolico-mythologique immanent au déroulement des "minériades", ainsi que les processus manipulatoires qu'on y trouve, capable d'inspirer la réflexion à celui qui ne veut pas se contenter des apparences. De cette manière, on a l'impression que l'état de confusion, voire d'impuissance, ressentie longtemps par le pouvoir exécutif roumain à l'égard de la monitorisation et l'instruction du déploiement des "minériades", ainsi que le profond et durable traumatisme qu'elles ont provoqué dans la mentalité collective roumaine, regagnent, enfin, une explication possible.  C'est pour cela que nous commencerons avec quelques appréciations générales sur les conditions de vie et réflexion dans les sociétés post-communistes, avant de poursuivre et de conclure sur les "minériades" elles-mêmes.

La prétendue "abolition de l'histoire" soutenue par la doctrine marxiste-léniniste s'est avérée illusoire après la fin de l'année 1989, parce que la réalité post-communiste a re-instauré une autre "terreur de l'histoire", dans laquelle les destins individuels et collectifs sont à nouveau menacés par de nouveaux malaxeurs gigantesques et impersonnels. Comment gérer, par exemple, la dévalorisation de la monnaie nationale, donc du pouvoir d'achat, ou la perte de l'emploi, qui souvent signifient pauvreté? Ou bien, comment entendre et concilier les principes théoriques de la démocratie avec la réalité des nouvelles mafias est européennes qui font route vers la prospérité… non démocratique, même anti-démocratique? Comment garder la confiance dans l'état de droit, asphyxié lui-même par la corruption au plus haut niveau?

Or, les individus, comme les collectivités, ont besoin de sens, des certitudes, pour mener leur existence de chaque jour, non seulement pour leur survie biologique, mais aussi au nom de certaines valeurs et de certains idéaux. Donner un sens à son existence - cela signifie le rationaliser, le rendre intelligible et, de plus, supportable. Ainsi, formuler des réponses aux questions susmentionnées au niveau du sens commun, se présente apparemment comme une affaire facile, car on peut trouver coupable pour de tels ennuis n'importe quel élément ou facteur de la vie sociale, avec ou sans aucun souci de démonstration argumentée: "le châtiment du Dieu", "la conspiration de l'impérialisme mondial", "les politiciens corrompus" etc.

Un intérêt accentué pour la recherche des phénomènes sociaux des pays ex-communistes fait apparaître la mythologie politique, proliférante dans cet région de la planète, et qui prend des formes étranges ayant des conséquences imprévisibles. L'aréal post-totalitaire se présent aujourd'hui  en particulier comme un terrain de confrontation de la pensée d'origine illuministe-libérale avec la pensée anti-illuministe et anti-libérale. La catégorie sociale qui se trouve au centre de cette confrontation - et, en effet, le véritable "catalyseur" de ces constellations conceptuelles, mythiques et idéologiques - est celle des intellectuels. Ils représentent, presque toujours, l'incarnation vivante des mythes et les acteurs de leur mise en scène dans la vie politique - que ce soit au pouvoir ou dans l'opposition. Non sans motif, ils ont été en Roumanie la cible des "minériades" (notamment, quand ils ont été perçus comme les représentants de l'extrême droite, de la décadence, voire du danger pour l'équilibre social, exactement pour la raison qu'ils pensent - ce qui n'est pas exactement l'occupation de tout le monde). D'où, les sombres slogans comme "Mort aux intellectuels!", "Nous travaillons, nous ne pensons pas!". Or, il est probable que cette scission mythologique entre le travail physique et le travail intellectuel, amplifiée à une dimension schizoïde dans l'imaginaire collectif par la vulgarisation des oeuvres des classiques du marxisme-léninisme, constitue une des raisons des interventions en force pratiquée par les mineurs arrivés dans la capitale de la Roumanie.

Un aspect qui mérite sans doute une forte attention, est celui du contenu des mythologies post-communistes. Comme on l'a déjà dit, elles ne sont plus à l'état "pur" - comme dans les années classiques du communisme; au contraire, elles tendent à s'amalgamer de sorte que la clarté et l'analyse de leurs idées n'a presque aucune importance. Ce qui compte pratiquement maintenant n'est que leur message affectif et émotionnel: "Les mythologies radicales post-communistes combinent la logique iacobino-léniniste de la «vigilance et intransigeance» avec les thèmes soutenues par l'extrême droite xénophobe dans les années entre les deux guerres mondiales"[1].

En tant que mouvements ouvriers sans égal avec celles des autres pays en ce qui concerne le déploiement et leur impact violent à l'échelle de la société entière, les "minériades" ont été caractérisées du point de vue sociologique et politologique comme des expressions du "diktat de la masse", c'est à dire des tentatives de la masse pour s'emparer du pouvoir politique: "L'élite (gouvernementale) et la contre-élite (l'opposition politique) ne se sont pas disputées l'influence l'une sur l'autre, mais sur la masse, tout en essayant de l'annexer. Dans cet intervalle temporel [décembre 1989 - septembre 1991, mais qui s'étend en réalité jusqu'en février 1999 - n.ns.], on a ignoré les institutions, car elles ne jouissaient plus d'aucun prestige ni d'aucune légitimité. Leur impopularité, aussi que leur inefficacité, on ont fait qu'on s'est adressé directement à la masse pour l'application des différentes stratégies pour éliminer les élites rivales"[2]. Avec une seule et notable exception, dirait-on: le syndicat minier de Petroşani, véritable état dans l'état, terriblement menaçante pour l'état lui-même, grâce à sa capacité d'influence énormément dangereuse. On envisage ainsi pas tellement d'autres organismes similaires (une comparaison avec les syndicats de l'enseignement ou celui du recherche tombe immédiatement dans le ridicule), pas même les institutions de l'état comme la présidence, le gouvernement et le parlement; or, le syndicat minier les a mis toutes en danger presque chaque jour pendant des années. La situation a peut-être été plus complexe que ne le pensait à l'époque: les tentatives d'exercice de la dictature prolétaire post-communiste ont continué après 1991 - la dernière "minériade" de 1999 étant probablement considérée comme l'apogée - le renversement du pouvoir de l'état et la consécration permanente de cette manière violente d'immixtion dans la fragile "démocratie en transition". Il ne semble pas exclu que, une fois la réussite acquise, le régime politique en Roumanie aurait basculé (à nouveau) en dictature ou en autocratie.

La première "minériade" (13-15 juin 1990) a mis l'empreinte la plus forte sur la mentalité collective roumaine et l'opinion publique international. Elle a secoué à la base la confiance du peuple roumain en soi-même, regagnée après presque cinq décennies de régime dictatorial, aussi que la confiance du monde civilisé à l'égard de la Roumanie. L'arrivée des ortaci ("camarades") se produisait en réplique à un autre phénomène intéressant, de la même catégorie du "diktat de la masse": le mouvement de la Place de l'Université, dispersée de force par la police, après deux mois de manifestations. Les participants ont été catalogués comme golani (hooligans) par les autorités, tandis qu'on se donnait la peine d'induire au population l'idée que la Roumanie est terrorisée des bandes d'extrême droite qui essaient de prendre le pouvoir.

De ce point de vue, un très intéressant scénario symbolique a été celui situé sous le signe de la relation sacré-profane. C'était à la Télévision Roumaine - institution mythique dès le mois de décembre 1989, car la seule du monde qui avait transmis une révolution en direct - que le président Ion Iliescu et d'autres personnalités politiques dénonçaient le prétendu mouvement d'extrême droite menaçant le pays. Or, la télé avait logé, pendant les jours et les nuits de la révolution, les gens "purs", consacrés comme tels dès le moment de leur apparition devant les caméras. Ce genre de "renouvellement" de la personnalité grâce à sa simple présence dans un studio TV s'inscrit merveilleusement dans le cadre de la perception collective idéalisée et mythisée. On pourrait le décrire brièvement par le fait que, dans des tels moments cruciaux, la perception du temps des individus et des masses se divise radicalement: d'une part le passé, d'autre part le présent: "Cette personne est apparue à la télé, donc elle n'appartient pas au passé" (St. Tănase).

C'était à la même télévision et du fameux balcon de l'ex CC de PCR[3] - consacré, à son tour, dans la révolution comme un espace spécial ou une "zone crépusculaire" - que les représentants du pouvoir appelaient les forces "responsables" du pays à intervenir pour prévenir le désastre (inévitable?) du danger de l'extrême droite. Or, "Le balcon  du bâtiment du CC a été le lieu de passage du profane au sacré, tout en faisant office de rituel de passage d'une monde à l'autre"[4]. Neuf ans plus tard, on assistera au même scénario rituel, cette fois-ci dans une ambiance différente - explicitement sacrée. Le final de la dernière "minériade" demeure assez subtil. La mystérieuse "paix de Cozia" a été conclue en secret entre Miron Cozma et Radu Vasile (alors premier ministre) dans le monastère local et avec la bénédiction du clergé. Le choix, choquante en apparence, s'est avéré inspiré par les autorités, l'armée et l'église étant perçues par les roumains comme les institutions les plus crédibles du pays.

Toutes ces confluences et confrontation des mythes et contre-mythes sont spécifiques aux époques des révolutions, séismes sociales et insécurité. "Les crises sont des temps propices pour les mythes. Dans les temps normaux, la routine ne fait que cacher les mythes. La révolution - la crise la plus profonde - rend visibles les mythes d'une société plus qu' aucun autre événement… Les mythes politiques dévoilent leur présence dès que la foule inonde les rues, en contestant de façon ultime les détenteurs du pouvoir. Quand les insurgents triomphent, se déclenche le reflexe de l'instauration d'autres mythes, rituels, symboles, cérémonies etc."[5]. Or, la réalité post-communiste, contorsionnée et inquiétante, est la génératrice de ces mythologies alternatives et divergentes. Le mois de juin 1990 a fort bien illustré la rapide succession de mythes contradictoires: la foule de la Place de l'Université qui contestait (de façon non-violente) le pouvoir politique exprimé par les ex-communistes en fonction avant et après le élections de 20 mai, a été remplacée par les mineurs, qui contestaient (d'une manière violente) tout ce qui semblait appartenir au mouvement antérieur (les "légionnaires", "les hooligans" etc.). Il faut mentionner, par exemple, le fait que les mineurs, à peine arrivés à Bucarest, ont attaqué précisément et immédiatement le siège d'un parti ou la rédaction d'un journal de l'opposition, les salles d'une certaine faculté dans le bâtiment de l'Université, et certains leaders de l'opposition (des jeunes étudiants). Comment auraient-il pu savoir cela? Qui les a divulgué leurs adresses et dans quel intérêt?  Plus étrange encore, il arrivait que -selon des témoins - ils fussent dirigés par des gens habillés en vêtements habituels, qui n'étaient donc pas des mineurs. Il sera, sans doute, à jamais très difficile d'identifier ces personnes et d'expliquer pourquoi elles se trouvaient parmi les mineurs.

Après presque chaque "minériade" on a parlé de manipulation. On a dit que les mineurs ont été manipulés, mais sans en fournir l'analyse ni les preuves. Ainsi, le résultat s'est converti en une sorte de manipulation multiple et en cascade: c'était plutôt la population qui était manipulée pour croire que les mineurs ont été manipulés! Le contenu contradictoire de ce "théâtre dans le théâtre" se dégage un peu mieux maintenant (en 2006), après un tas de déclarations contradictoires des politiques et des ex-leaders des mineurs. M. Cozma dit, par exemple, que tout le mal s'est produit à Bucarest, avant l'arrivée des mineurs, les seuls coupables étant les "hooligans". Mais que faire alors des images filmées qui montrent des mineurs frappant des gens innocents dans la rue? On a invoqué un argument ad-hoc: ceux-ci n'étaient pas des mineurs, mais des inconnus travestis en mineurs! Donc, les mineurs ne sont pas coupables. Pourquoi les actuels leaders de syndicat des mineurs se sont-ils quand-même excusés publiquement à la population de Bucarest pour "le mal commis"? Se sont-ils excusés sans raison? Alors, soit les mineurs sont coupables et doivent être traduits en justice afin de répondre de leur culpabilité - et c'est la fin du faux mythe de leur innocence - soit ils ont vraiment été innocents et dans ce dernier cas, la justice doit trouver les vrais coupables et les punir sans tergiverser. Entretenir, volontairement ou non, l'incertitude sur ce qui s'est passé en 1990 et après ne signifie rien de plus qu'une nouvelle manipulation.

Si la première "minériade" a été une manipulation, est-ce valable aussi pour les suivantes? Est-il raisonnable de croire que tous les mouvements des mineurs sont les effets d'une manipulation? La manque d'intervention du pouvoir de l'état pendant presqu'une décade, en sorte qu'on n'a pu rien faire pour prévenir quelques véritables "invasions barbares" animés d'un vague et peu crédible substrat syndical apparaît pénible. Et cela en dépit de l'opinion de quelques politiques (I. Iliescu y compris) qui s'obstinent à répéter sans cesse qu'à la base de ces mouvements il n'y avait qu'une liste de revendications syndicales (la hausse de salaires, la nourriture, le renouvellement de l'équipement de travail etc.). On peut dire que l'intention ait pu être celle-ci à l'origine, mais les tentatives de finalisation se sont trouvées trop loin et dans une direction différente.

La complexité de la situation sociale de ces années nous oblige à invoquer un autre élément mythologique des "minériades": le mythe du "sauveur", du celui qui, ayant un rôle messianique, accomplit la vengeance des masses pour le mal subi antérieurement. Comme l'à écrit M. Eliade, la doctrine marxiste classique attribuait ce rôle au prolétariat - la classe appelée à sauver l'humanité de l'esclavage du capitalisme, en l'effaçant de la mémoire les traumatismes de l'histoire aliénée[6]. Dans la situation en discussion, les sauveurs étaient sans doute les mineurs, car une partie de la population du pays leur attribuait un rôle providentiel dans la normalisation de la vie sociale. C'est de cette manière que les média ont présenté la situation, par l'acte très controversé des remerciements que leur a adressés en 1990 le président Iliescu.

La manipulation - quelle que soit son ampleur et la manière dont elle s'est exercée - a atteint son apogée non seulement pas par les communiqués officiels, mais aussi grâce à l'attente des gens; on a vu les foules accueillant les mineurs avec des fleurs, du nourriture, de l'eau, du pain et du sel (anciens symboles de l'hospitalité en Roumanie), ce qui prouve qu'une une partie au moins des roumains ont perçu les "minériades" comme des incursions positives et nécessaires et les mineurs comme des héros. Or, on sait que le mythe politique se dresse comme un pont de passage entre "ce qui est" et "ce qu'il faut", on ajustant la réalité conformément aux aspirations et désirs de ceux qui s'en réclament. Il est difficile de dire si, après 50 ans de régime communiste avec la théorie de la dictature du prolétariat, on n'a pas vu à l'époque, "en direct", la manifestation très concrète de cette dictature - en démocratie, paradoxalement! L'inconscient collectif d'une part de la population (les âgées, les gens  d'instruction élémentaire et moyenne, les habitants des régions rurales et une partie de la population urbaine) s'est superposé à la "longueur d'onde" de ces mouvements, vus dans la perspective de ce qu'ils auraient voulu et dû être, au lieu de ce qu'elles ont été réellement.

La recherche du phénomène des "minériades" en Roumanie menée par la philosophie sociale, la sociologie, la politologie, les sciences juridiques etc., peut aider à la compréhension des présupposés et des motifs rarement évidents, qui ont mobilisé, influencé et dissimulé le comportement de toutes les partie en cause pendant "l'époque de transition". Nous sommes convaincus qu'il est dans l'intérêt de la société civile et dans celui du pouvoir de l'état de notre pays à déployer tous les efforts pour avancer vers la découverte de la vérité sur les "minériades", en déchiffrant leur cortège de manipulations et en démasquant les manipulateurs qui en ont profité. Ainsi, ouvrirait-on, un jour, la voie vers l'autre dévoilement, correct et complèt: celui de la vérité sur la révolution de décembre 1989.

 

 



[1] Voir Vl. Tismaneanu, Fantasmele salvării. Democraţie, naţionalism şi mit în Europa post-comunistă (Les fantasmes du salut. Démocratie, nationalisme et mythe en Europe post-communiste) (trad. roumaine), Éditions POLIROM, Iasi, 1999, p. 18

[2] Voir St. Tanase, Revoluţia ca eşec. Elite & societate (La révolution comme échec. Élites et  société), Éditions POLIROM, Iasi, 1996, pp. 27, 28

[3] L'ex Comité Central (du Parti Communiste Roumain).

[4] St. Tanase, op.cit., p. 30

[5] Ibidem

[6] Voir, par exemple, ses Essais.